Aménagement de la rue Glacière

L’aménagement de la rue de la Glacière vient de s’achever. Au vu de sa réalisation, plusieurs interrogations viennent à l’esprit, notamment le sens de la circulation, l’emplacement de la signalétique ou des horodateurs et le déficit de concertation (de nombreux riverains se plaignent de ne pas avoir été consulté).

Toutes ces interrogations sont légitimes, elles méritent de la part de la municipalité des réponses argumentées sur les choix décidés.

Mais, au vu du type d’aménagement de la rue, une autre réflexion surgit qui a trait à la prise de conscience par les responsables politiques des défis liés aux dérèglements climatiques.

Un rapport d’information du sénat publié le 16 mai nous alerte à ce sujet, il porte sur l’adaptation de la France aux conséquences du réchauffement climatique à l’horizon 2050. Ce rapport pointe l’urgence de ne plus se contenter des actions d’atténuation mais d’engager des mesures d’adaptation pour faire face aux conséquences du dérèglement climatique. Il s’ensuit une liste de proposition notamment par un meilleur accompagnement de la politique d’adaptation par les collectivités locales.

Au regard des enjeux climatiques, l’aménagement actuel de la rue de la Glacière est une aberration. En effet, l’absence de végétation et la pose d’asphalte sont néfastes à la lutte contre les îlots de chaleur urbains liés aux vagues de chaleur.

Schiltigheim est une ville très minérale, elle est particulièrement sensible aux effets de chaleur. Des écarts de plusieurs degrés peuvent être constatées en différents points de l’agglomération strasbourgeoise comme le montre une étude de l’agence d’urbanisme de Strasbourg.

Pourtant, il est possible de combattre les effets délétères du réchauffement en privilégiant les sols clairs, en végétalisant, particulièrement avec des arbres et en permettant l’infiltration de l’eau de pluie dans le sol.

Ainsi, des réalisations mettent en œuvre ces recommandations, comme à Lyon au quartier de la Part -Dieu. Les propos du chef de projet sont édifiants: « Le granit clair permet notamment une diminution d’heures ‘chaudes’ de l’ordre de 24% l’été, c’est considérable. » De même, avec un dispositif associant sol poreux, réservoir d’eau et alimentation de la nappe phréatique, un écosystème est conçu permettant de rafraîchir la ville.

Il est regrettable que Madame la Maire de Schiltigheim n’a pas souhaité intégrer l’enjeu de la canicule dans l’aménagement de la rue de la Glacière pour limiter les effets sanitaires du réchauffement climatique et préserver la qualité de vie des habitants.

Schilick l’Insoumise a organisé un rassemblement le 4 mai au square rue de la Glacière et a lancé une campagne de pétition demandant à Madame la Maire la création d’espace vert en associant les riverains aux décisions.