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Le devoir de Résister

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Lire ici l’article de Reuters

Les députés de La France insoumise (LFI) et leur leader, Jean-Luc Mélenchon, ont annoncé mercredi qu’ils refusaient de signer deux propositions de textes sur un nouveau traité de l’Elysée avec l’Allemagne et un accord parlementaire franco-allemand.

Ils tirent notamment argument, dans un communiqué, du peu de temps que leur laisse le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, qui a adressé ces textes aux groupes parlementaires le 29 décembre pour qu’ils les signent au plus tard le 4 janvier, et dénoncent un « passage en force ».

La France et l’Allemagne célèbrent le 22 janvier le 55e anniversaire du traité de coopération bilatérale qui a scellé leur réconciliation.

Le premier texte est un projet de résolution commune de l’Assemblée nationale française et du Bundestag allemand, qui invitent les gouvernements des deux pays à travailler en 2018 à un nouveau traité de l’Elysée.

Il prône notamment la mise en place d’un « espace économique franco-allemand avec des règles harmonisées », par exemple dans le domaine fiscal, et une coopération plus étroite en matière de politique étrangère, de défense, de développement et de lutte contre le réchauffement climatique.

Le second texte est un accord de coopération entre les deux assemblées, qui prévoit notamment une convergence des procédures législatives des deux pays pour la transposition dans les droits nationaux des directives européennes.

« Ces textes ne sont pas amendables, ils ont été écrits sans nous et nous sommes invités à signer pour approbation ou à ne pas le faire. Nous ne signerons pas », déclare le groupe LFI dans son communiqué.

« LE DEVOIR DE RÉSISTER »

Il estime que ces textes constituent « une faute » à l’égard des autres pays de l’Union européenne, « qu’ils méprisent en les ignorant », le « couple franco-allemand » étant selon eux « ressenti à juste titre comme un directoire aussi arrogant qu’archaïque ».

Il accuse leurs auteurs de dédaigner les « affinités réelles » de la France avec l’Europe du Sud « pour entretenir la fiction » d’une relation privilégiée avec l’Allemagne et juge leur contenu en décalage avec les urgences du temps.

Les élus LFI, qui se sont battus en vain pour que le drapeau européen soit retiré de l’Assemblée, reprochent à ces textes de ne comporter aucune clause de non régression des droits sociaux acquis, de n’envisager aucune amélioration concrète nouvelle, de concevoir l’économie sous l’angle du droit des société privées et de ne pas être à la hauteur en matière d’écologie.

« Au total, ces textes sont indigents, soit par le niveau de généralité auquel sont limités leurs voeux, soit par une obsession économique bornée aux seuls critères techniques rabâchés du libéralisme le plus éculé », ajoutent-ils.

Ils refusent enfin de signer des textes contenant selon eux de nombreuses dispositions « contraires à la nature républicaine spécifique de la France en tant qu’Etat unitaire ».

« Nous refusons les expérimentations hasardeuses qui commencent par défaire la France », expliquent-ils. « Le projet de la droite allemande et du parti présidentiel en France n’est pas celui du peuple républicain, écologiste et social, dont nous portons la parole. »

« Certes, eux ont aujourd’hui le pouvoir de décider. Mais nous avons le devoir de résister et de proposer de faire autre chose, autrement », concluent les députés LFI.

Actualité du 12/05/17

Dans une tribune au « Monde », David Dornbusch, président de l’ONG CleanTuesday, qui œuvre pour le développement de technologies propres, met en garde contre le danger d’une centralisation excessive dans la désignation des candidats du mouvement d’Emmanuel Macron à la députation.

Emmanuel Macron a d’ores et déjà contribué à rénover la politique française en faisant émerger un mouvement neuf, des têtes nouvelles, et en mettant à la retraite une bonne partie des vieux cadres socialistes et républicains qui se partageaient le pouvoir depuis trente ans. Souffle démocratique incontestable. Mais cela ne résout pas toutes les questions sur la démocratie posées par En marche ! et son fondateur.

La structure du mouvement est certainement la plus verticale de tous les grands partis politiques français. Les leaders sont tous désignés d’en haut sans aucune concertation locale. Plus significatif encore : la totalité des candidats à la députation est sélectionnée par une commission centrale, leur profil devant correspondre à des critères définis par Emmanuel Macron. Ce centralisme est quasi unique, tandis que la plupart des partis pratiquent un mode de désignation par la base qui est ensuite plus ou moins « validée » et « corrigée » par le sommet. L’exécutif français s’apprête donc à désigner une très large partie des membres de l’Assemblée législative.

Ces futurs députés sans base locale, qui seront paradoxalement affaiblis par la saine réforme du non-cumul des mandats, ne seront redevables qu’envers le président élu. L’on peut imaginer que, dans l’optique de leur éventuelle désignation pour un nombre réduit de circonscriptions — Emmanuel Macron envisageant de ramener le nombre de députés de 577 à 300 —, ils se montreront d’une docilité absolue. Premier signe très inquiétant dans une démocratie où l’équilibre des pouvoirs reste précaire.

Sous la houlette de hauts fonctionnaires

Cette inquiétude ne peut pas manquer d’être aggravée par l’examen de l’entourage du nouveau président. A l’image de celui-ci, il est très largement constitué de hauts fonctionnaires, qu’Emmanuel Macron a croisés au cours de ses années à Bercy, à l’Elysée et autres ministères.

Le futur exécutif sera donc sous la houlette de ces hauts fonctionnaires expérimentés, dont beaucoup participaient au précédent gouvernement et n’auront même pas à faire leurs cartons. Hauts fonctionnaires expérimentés et bénéficiant de la confiance du président versus députés inexpérimentés et devant tout à ce même président. Le match s’annonce tellement déséquilibré qu’on en frémit.

La France souffre depuis longtemps de son excessive centralisation autour de l’exécutif et de l’absence de contre-pouvoirs, législatifs et juridiques. On peut craindre que les timides tentatives engagées ces dernières années — question prioritaire de constitutionnalité, limitation à un seul 49.3 par session —, ne soient balayées par le nouveau président. Sur ce sujet, on attend de lui des gestes forts et pas seulement une cosmétique « loi de moralisation de la politique française ».

Source lemonde.fr